Le vendredi soir, avant même que les premiers coureurs s’élancent, Emmanuel notre directeur de course a pris la parole pour donner le départ de l’Ultra.
Chair de poule, larme à l’œil : vous n’étiez pas les seuls.
On vous le partage !
« Ça y est, c’est bientôt la nuit.
On vous entoure, on vous observe, on admire le courage que vous avez eu de vous inscrire, on vous encourage comme des pionniers, ceux qui vont se confronter aux premiers de l’Ultra du Piton.
Vous voyez encore le Champ Loiseau éclairé, un peu de bruit de foule, un croissant de lune, quelques flammes rouges, une première balise au loin.
Et puis bientôt, au-delà de l’esplanade Porte César, rideau. Nuit noire et lampes frontales. Plongée intégrale dans l’inconnu d’une grande appellation qui fête ses 90 ans et pour laquelle vous allez courir 90 bornes.
Alors, cette grande bouclette va commencer, l’aventure va démarrer. Vous allez traverser 9 des 14 villages de l’appellation, et ses 3 hameaux. Et, par votre énergie, tout va s’éclairer progressivement. Nuit blanche sur fond noir.
Au gré des kilomètres, vous retrouverez certainement des petites lumières, quelques sources qui ont pu nous inspirer :
- Un grand barbu à chemise à carreaux qui fume une clope avant le départ
- Un barde, berrichon de naissance, qui a posé sa valise et sa poésie sur le Larzac
- Une guirlande de lumières qui perce la nuit mi-février dans la campagne du Berry
Vous croiserez certainement d’autres poètes, un peu illuminés, souvent taiseux, qui chaque année travaillent une liane magique pour en faire du raisin. Chaque année, ils recommencent, s’obstinent, taillent, binent, accolent, effeuillent, récoltent, vinifient. Chaque année, quelle que soit la météo. Dehors comme vous, avec exigence et persévérance, au milieu des cailloux, de la terre qui colle et des pentes vertigineuses. Et en communauté comme vous.
Vous retrouverez de temps en temps une vue magique, scintillante, sur le piton. L’alpha et l’omega de votre voyage intérieur. Votre phare dans la nuit.
Un peu plus tard, vous verrez le lever du soleil sur la plaine de Bourges ou sur la Loire. A votre retour, vous verrez le village de nouveau s’embraser, puis éclater au petit matin avec le départ de la première course.
Et au terme de toute cette aventure, quand vous serez de retour, au même endroit, km 0, entourés de milliers de personnes, regardez bien au fond de votre verre ; dans ce vin couleur or pâle, vous verrez encore une petite lueur qui dit que c’est peut-être ça la vie : sortir de la nuit, grandir, suivre son étoile, voyager, puis revenir, souffler sa bougie, et partager ensemble un nouveau millésime.
A Sancerre, les histoires se terminent toujours par un grand banquet mais les belles histoires et les grandes aventures commencent souvent au son du bouchon.
Alors, ce sera votre signal de départ.
Bonne balade à tous, régalez-vous ! »
Fumigènes, départ en trombe, cris, applaudissements, larmichette, nuit blanche sur le sancerrois